L’investissements vert : recalibrage du paradigme politique

L’investissement vert et ESG subit des pressions liées aux préoccupations politiques et sécuritaires, mais reste essentiel. Les investisseurs recherchent de véritables plans de transition, des données concrètes et des preuves que les entreprises peuvent gérer les chocs. Une chose est claire : l’époque du simple respect formel des critères est révolue.

03 février 2026

Évolution des attentes des investisseurs

Les préoccupations climatiques ont entraîné d’importants flux vers les fonds verts entre 2020 et 2022, soutenus par le SFDR et la taxonomie européenne. Les stratégies de neutralité carbone ont triplé de taille. Mais les attentes ont évolué. La guerre en Ukraine a révélé la fragilité des chaînes d’approvisionnement et modifié les budgets publics, facilitant la critique de l’ESG dans certains milieux.

Pourtant, le risque climatique, les problèmes d’approvisionnement et le contrôle accru des investisseurs persistent. Les entreprises disposant de données ESG fiables attirent des capitaux et démontrent leur capacité à gérer les risques et la performance à long terme.
 

La résilience comme impératif stratégique

La durabilité est désormais liée à la résilience. L’Europe a besoin de chaînes d’approvisionnement locales plus solides, de trajectoires de décarbonation plus claires et d’une meilleure gestion des ressources. La capacité renouvelable devrait plus que doubler d’ici 2030, avec le solaire en tête.

Si la dynamique se poursuit, les renouvelables assureront la majeure partie de la production mondiale d’électricité d’ici la fin de la décennie. Parallèlement, les progrès rapides de la Chine dans les technologies propres suscitent des inquiétudes quant à la capacité de l’Europe à rester compétitive.
 

Une lutte de pouvoir à venir

L’électrification devient un enjeu stratégique. L’intelligence artificielle (IA) et les centres de données pourraient augmenter la demande d’électricité de 700 à 900 TWh d’ici 2030. La génération vidéo, en particulier, consomme beaucoup plus d’énergie que les modèles textuels. Les gains d’efficacité sont utiles, mais ne suffiront probablement pas à contenir la croissance de la demande.

La maîtrise de l’approvisionnement en électricité influence désormais la force économique, numérique et sécuritaire. Cela place les réseaux résilients, la diversité des sources d’énergie, les options nucléaires, le stockage et les accords d’approvisionnement à long terme au cœur des priorités géopolitiques.
 

260203-experts.png



Lire le Global Outlook
 

03 février 2026

À lire aussi

Agentic AI : l’ère de l’intelligence autonome

Investissements des entreprises : du recul à la transformation

Asie : rééquilibrer, recalibrer, transformer